Un partenariat avec l’État ?

Notre association a rencontré le collaborateur du Ministre des Outre-Mer et la secrétaire générale adjointe du Haut-commissaire le samedi 16 octobre 2021. Les échanges ont permis de solliciter un partenariat avec l’Etat pour explorer, voire mettre en œuvre, notre projet d’assemblée citoyenne. Nous avons fait un courriel suite à cette entrevue pour reprendre les points clés de nos échanges. Il est reproduit in extenso ci-après.

Nous vous remercions pour le temps que vous avez pu nous consacrer et pour la richesse de nos échanges.
Nous avons pu évoquer avec vous les raisons qui nous poussent à porter ce projet d’assemblée citoyenne chargée d’élaborer les fondations de la société qui succédera à l’accord de Nouméa, quel que soit le résultat du troisième référendum.

Nous partageons la volonté du Président de la République de : ”concevoir une meilleure version de la démocratie : plus ouverte, plus inclusive, avec les citoyens au centre”, ainsi qu’il l’a mentionné dans sa déclaration sur le Gouvernement ouvert du 24 septembre 2020. Nous souhaitons nous faire le relais de cette volonté en Nouvelle-Calédonie.

Cela est d’autant plus justifié que la consultation citoyenne menée par l’Etat a montré que les Calédoniens veulent vivre ensemble et en paix, même si, nous ne l’ignorons pas, les incompréhensions, les frustrations et parfois les rancœurs subsistent.

En outre, 80 % des Calédoniens veulent participer à la vie publique, ainsi que l’indique un sondage commandité récemment par le Congrès.

Enfin, malgré les accords de Matignon – Oudinot, malgré l’accord de Nouméa, malgré une nouvelle répartition du pouvoir et des finances avec la provincialisation, malgré les sommes colossales investies sur ce territoire, rien n’a été fait pour que la richesse représentée par nos différentes cultures, nos différentes organisations sociales serve à coconstruire une société nouvelle, plus juste, plus harmonieuse et adaptée à la Nouvelle-Calédonie.

Nous croyons à la possibilité de mettre "les citoyens au centre" pour coconstruire "une meilleure version de la démocratie" qui sera plus à même de corriger les déséquilibres entre la nature et les Hommes et entre les Hommes eux-mêmes.

En effet, l’assemblée citoyenne et plus généralement les dispositifs participatifs sont pratiqués dans le monde depuis plus de 30 ans, à toutes les échelles.

Ainsi, les méthodes existent et elles sont éprouvées. Elles sont par ailleurs en cohérence avec la tradition océanienne du palabre et du consensus.

Nous vous proposons donc de poursuivre notre démarche en collaboration avec vos équipes à l’intérieur d’un partenariat à établir. Notre ambition étant qu’à terme, toutes les institutions se joignent à nous pour explorer ce projet et, le cas échéant, le mettre en œuvre.

Nous envisageons un travail selon 3 axes :

  •  un axe “historique” visant une réconciliation à l’échelle du pays. Faire société sera difficile sans unité et sans apaisement de toutes les communautés. Comme la démocratie, les processus de réconciliation sont une préoccupation de l’ONU. C’est aussi un projet porté par l’association “Demain en commun” avec laquelle il serait opportun de collaborer à ce sujet,
  • un axe politique, juridique et méthodologique. Une assemblée citoyenne ne devrait être mise en œuvre que dans un cadre politique, juridique et méthodologique établit. Ce cadre est à construire avec toutes les parties prenantes. il doit notamment définir très précisément la manière dont les recommandations issues de l’assemblée citoyenne seront transcrites dans la loi. Les citoyens ne devraient pas être mobilisés sans satisfaire à cette exigence (recommandation de l’OCDE),
  • un axe socioculturel. L’expérience internationale est nécessaire mais insuffisante. Les savoirs liés aux organisations sociales de toutes les communautés locales doivent aussi nourrir notre pensée. Nous devons innover en les intégrant pour établir des méthodes participatives adaptées aux réalités socioculturelles locales.

Dans l’espoir d’une future collaboration.